VIVRE EN HARMONIE AVEC AUTRUI (19)

Poursuivons notre propos en entamant aujourd’hui une réflexion sur une question centrale : Comment trouver sa place au milieu des autres ? Il est impossible de s’apprécier si on est pas en règle avec sa conscience vis à vis de ses semblables, si l’on a pas mis en place un mode de relation aussi harmonieux que possible avec les personnes de son entourage. Chez les profils à estime de soi instable, par fragilité ou par anxiété, l’égoïsme amène parfois au sacrifice des idéaux relationnels, à la faveur de la défense de leurs propres intérêts. Jules Renard parlait ainsi de “la fréquente petite lâcheté à se mettre avec les autres contre un ami”: aucune tranquillité d’esprit durable ne peut découler de telles positions…

L’humain est un animal social : pas de bonne estime de soi sans bon lien avec autrui

La bonne estime de soi nécessite un rapport franc avec autrui, ni contre les autres, ni sur le dos des autres… On ne peut pas durablement aller bien seul ou retiré, en combat avec le monde entier ou en conflit ou en trahison avec des personnes qui comptent dans notre histoire personnelle, ou encore dans l’exploitation ou la manipulation. Mais alors quid de l’estime de soi des salauds, des pervers, des sales types ? Ils vivent en permanence dans ce bain et semblent pourtant s’en accommoder parfaitement. En fait, ils ne parviennent à une position confortable avec eux-mêmes qu’à cause du déni qui les empêche de se voir tels qu’ils sont. Or, bien souvent le déni mis en place inconsciemment n’est qu’une bombe à retardement…

Pour une personne équilibrée en revanche, elle sentira toujours au plus profond d’elle-même que faire souffrir autrui, le mépriser, l’agresser au delà de ce qui est nécessaire, est une violation de nos lois morales intimes. Inutile de repousser cette pensée gênante, elle reviendra inlassablement. La douleur des conflits en est une illustration éclairante : lorsqu’on est fâché avec nos proches,  il est difficile de se sentir bien avec soi-même.

Une personne qui avait vécu son enfance dans un climat familial de conflit permanent témoignait qu’en arrivant à l’âge adulte, elle commença à rechercher plus de tranquillité et d’harmonie dans ses rapports avec les autres. Et elle constata qu’elle se mit à aller mieux, et étonnamment à supporter de moins en moins les situations de conflit de telle sorte qu’elle chercha même à apaiser les rapports avec les personnes avec qui le mode conflictuel s’était installé depuis longtemps en découvrant les bienfaits de la réconciliation, qu’elle refusait préalablement parce qu’elle avait le sentiment de s’abaisser.

Elle entretenait en fait à son insu une confusion entre estime de soi, fierté et orgueil. Elle comprit que le lien aux autres est en fait ce qui nous construit et nous nourrit tout au long de la vie. C’est en fait ce que nous avons de plus précieux. On s’épanouit infiniment plus en s’occupant des autres qu’en restant focalisé sur sa “petite” personne. Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en réfléchissant sur la place de l’ego comme moyen d’améliorer notre estime de soi et notre rapport à autrui.