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Couple : de l’harmonie au conflit : une fatalité ?

La plupart des personnes vivant ensemble souhaitent une vie de couple harmonieuse. Or elles traversent régulièrement des zones de turbulence débouchant sur des remises en cause salutaires jusqu’au jour où la pérennité du couple est remise en doute. Alors passer de l’harmonie dans le couple au conflit est-il une fatalité? Essayons d’analyser les facteurs pouvant expliquer ce phénomène.

L’homme et la femme sont foncièrement différents, ne serait-ce que biologiquement : des études scientifiques n’ont-elles pas montré que le cerveau gauche est plus développé chez la femme et le cerveau droite d’avantage chez l’homme? Cet état de fait explique nos réactions différentes, la femme étant plus émotionnelle, partageant plus volontiers ses ressentis et communiquant plus que l’homme; tandis que ce dernier s’épanouirait plus spontanément dans le domaine de l’action et du concret. Alors comment s’étonner que l’homme et la femme se cherchent ? La différence joue précisément un rôle dans le fait qu’ils s’attirent. Ils rassemblent mutuellement des qualités que l’autre ne possède pas.

Le rôle premier du partenaire est de nous aider à combler nos manques

La recherche d’un partenaire de couple met en effet en jeu plus ou moins consciemment une stratégie et peut ainsi répondre à plusieurs aspirations en fonction de l’objet que l’on cherche à atteindre en s’unissant. Aussi, le choix s’inscrit-il plus ou moins dans une logique de continuité ou bien au contraire de réaction. Ne dit-on pas tout autant “qui se ressemble s’assemble” que “les opposés s’attirent”! Dans tous les cas, le rôle de l’autre est de combler un manque mais il s’agit en fait bien souvent d’une revalorisation narcissique car si on veut être aimé de l’autre, c’est avant tout pour pouvoir se rassurer en se complétant pour mieux encore s’aimer soi-même. Or pour être aimé, il faut avant tout donner à l’autre pour combler son propre manque. C’est l’un des éléments de la longévité du couple. L’autre apparaît comme un prolongement de soi-même. On demande ainsi à l’autre de jouer un rôle qui nous convient, qui nous complète car il va combler notre manque. On comprend mieux que le début d’une relation amoureuse mêle plutôt les sentiments de séduction, d’envie de plaire et de complicité alors qu’elle se poursuit quelques années plus tard par d’autres sentiments moins heureux quand vient le temps du repli, des doutes, des peurs, de la jalousie, de l’intolérance et de l’incompréhension. Le manque de confiance en soi, assez courant dans les faits, est une gangrène pour le couple car c’est souvent une pensée négative que l’on ne va pas pouvoir s’empêcher de projeter sur son partenaire. On attribue à l’autre un manque d’amour qu’on a avant tout chez soi. Comme on ne supporte pas d’avoir une idée dénigrée de soi-même, on en attribue la raison à l’autre. Le jaloux est persécuteur car il est persécuté…On passe ainsi inévitablement de l’harmonie au conflit.

Un autre facteur d’achoppement réside dans le fait que le couple a d’abord vocation à s’élargir en formant une famille qui va pousser chacun des membres du couple dans ses retranchements et le mettre face à ses responsabilités. La survenance d’un enfant est un véritable bouleversement pour le couple dont l’harmonie est contrariée par la venue d’un tiers qui est en même temps une émanation du couple qu’il s’agit absolument d’aimer… Un nouveau jeu de rôle doit se mettre en place et il est plus ou moins aisé de s’y adapter. On distingue généralement trois types de rôle en jeu au sein d’une famille. Celui de la mère est de comprendre, de réconforter, de plaindre; celui du père est de contenir, donner du cadre et rassurer; l’enfant jouant le rôle de celui qu’on réconforte, qu’on protège et qu’on élève. Mais certains couples peuvent s’être construit sur un jeu de rôle où personne n’a pris le rôle qui lui revenait en principe. Ces différents rôles ont pu être intériorisés depuis la petite enfance. Le risque consiste alors à ce que le couple s’installe dans une relation figée, l’un jouant par exemple toujours le rôle de la mère, l’autre celui de l’enfant… Pour ces couples où la définition des rôles est “faussée”, la venue d’un enfant est très déstabilisante car elle sonne la fin de la “récré”; tout le monde devant reprendre son rôle “normal” pour accueillir comme il se doit le nouvel arrivé. Il s’agit alors de retrouver ses marques.