Briser l’emprise d’un pervers narcissique en 10 étapes

La victime d’un pervers narcissique est soumise à une forme insidieuse de manipulation et d’emprise. Elle subit des violences sous différentes formes : abus émotionnels, physiques, voire même financiers. Elle est employée, exploitée, grugée, discréditée, disqualifiée, abaissée, vidée. Face au pervers, l’autre doit se soumettre et plier. Le pervers peut ainsi blesser, embarrasser, humilier sans en ressentir aucune souffrance, quand il n’y prend pas plaisir !!! Le pervers s’attaque à l’identité, à la confiance en soi, au sentiment d’indépendance et à la dignité de sa victime. Les agissements du pervers narcissique induisent chez la victime des traumatismes de toute sorte, de l’anxiété, des troubles psychosomatiques qui peuvent aller jusqu’à la dépression. Mais il existe des solutions, un combat peut être mené : voici les 10 étapes à suivre pour s’en sortir :

1ère étape : Prendre conscience de sa propre souffrance ; sortir du déni.

Il est très difficile d’admettre être victime d’un pervers narcissique. Les victimes ne s’en aperçoivent souvent pas, et surtout, elles ont un mal fou à nommer leur souffrance. Un thérapeute peut être un véritable appui pour cette première étape. La priorité est la prise de conscience du phénomène d’emprise et du lien de dépendance avec le bourreau. La victime va devoir réaliser que si elle veut mettre fin à cette relation pathologiquement mortifère, elle doit absolument changer son mode de fonctionnement.

2ème étape : Changer son état d’esprit

Renoncez à croire que le pervers narcissique peut guérir. C’est effectivement très difficile car les symptômes de sa personnalité résultent d’une déformation de sa structure psychique. Les pervers narcissiques qui consultent sont rares, à moins qu’il s’agisse d’une stratégie pour donner de faux signes de bonne volonté à son entourage familial ou professionnel ou encore pour “s’amuser” au détriment du thérapeute en l’abreuvant de signes contradictoires. La perversion narcissique ne se soigne pas. Au mieux ne parvient-on qu’à minimiser les symptômes des sujets très minoritaires qui consultent de bonne foi. Il n’y a pas de médicaments, ni de thérapies possibles.

Il ne faut pas non plus chercher à comprendre le prédateur ni à vouloir être comprise de lui. C’est le piège qu’il vous tend mais il refusera toujours d’admettre ses torts et de prendre ses responsabilités.

Enfin il ne faut ni se sentir coupable, ni avoir honte. Même si sa pathologie est généralement due au climat toxique qu’il a subi dès la petite enfance, qui a empêché son psychisme de se structurer normalement, vous n’êtes en rien responsable de ce qu’il est devenu et malheureusement tout à fait incapable de l’aider à changer. Le pervers-narcissisme vit perpétuellement dans un état instable entre névrose et psychose; il lutte en permanence pour ne pas sombrer dans la folie.

3ème étape : Observer la situation avec objectivité (comme si vous ne le connaissiez pas)

Les victimes de pervers narcissiques ne parviennent pas à faire face à la réalité douloureuse. Elles sont bien conscientes qu’il a un problème mais parviennent à se persuader elles-mêmes que la situation n’est qu’un mauvais moment à passer, qu’elle va s’améliorer comme par enchantement (pensée magique).

Le meilleur moyen de se rendre compte du comportement manipulateur du pervers narcissique est de l’observer avec du recul. Il faut s’imaginer qu’il joue, comme un acteur, et que vous le regardez, comme un spectateur. Et on n’en est d’ailleurs souvent pas loin tant le pervers narcissique sait se mettre en scène : on est au théâtre !

Ce qui est important également est de garder en tête qu’il est faible et peu sûr de lui malgré ses apparences de toute-puissance. Cette étape consiste à reconnaître qu’on a été dupé(e) et que le prince charmant du début de la relation n’était qu’une illusion. C’est un rôle qu’il a majestueusement interprété pour vous séduire mais qui n’avait malheureusement absolument rien de sincère.

4ème étape : Restaurer une bonne estime de soi

Étant donné que le pervers narcissique a su déceler chez sa future victime une faille susceptible de fragiliser son estime d’elle-même, il s’y est engouffré pour mettre en œuvre progressivement une véritable entreprise méthodique de destruction de sa victime. Il est capital de ne plus se laisser influencer afin de garder son libre arbitre. La restauration de l’estime de soi de la victime va lui permettre de se percevoir d’une manière aussi réaliste que possible, de réaliser qu’elle n’est pas la “petite chose négligeable” que le pervers narcissique se plaît à dépeindre et ainsi de se dégager de sa manipulation.

5ème étape : Renouer avec ses proches et sortir de l’isolement

Le pervers narcissique fait le vide autour de sa proie en l’éloignant de sa famille, de son entourage le plus proche pour avoir une emprise totale sur elle. Retrouver des gens bienveillants l’aidera considérablement à recouvrer une meilleure estime de soi et à prendre le recul nécessaire pour ne plus voir les choses comme le pervers souhaite que vous les voyez. Savoir que l’on peut compter sur des appuis est essentiel.

6ème étape : Sortir de la manipulation en lui résistant

Changer progressivement de comportement avec le pervers en commençant à répondre avec indifférente, qu’elle soit feinte ou non, à tout ce qu’il vous dira. Attention, il ne s’agit pas de manipuler à son tour mais plutôt de se protéger des attaques et de ne lui offrir aucune opportunité de s’engouffrer dans une quelconque faiblesse. Il s’agit de ne pas entrer dans la discussion, en utilisant des expressions toutes faites qui y coupent court.

Ce sera, par exemple, des phrases comme : “C’est ton avis, il n’engage que toi”, “Si tu le dis!”, “Ne t’inquiète pas pour moi” ou encore en assumant ses travers supposés : “Mais c’est ce qui fait mon charme !”. Il ne faut surtout pas baisser les bras, le pervers narcissique finira par abandonner en voyant que ses attaques ne font ni chaud ni froid à sa victime. Pour cela, toujours rester dans le flou et faire les réponses les plus courtes possibles, sans agressivité et avec humour. Pour le déstabiliser et le faire douter de la réalité de l’emprise qu’il exerce sur vous, réagissez par moment à l’inverse de ce à quoi il s’attend, par exemple au lieu d’essayer de vous défendre en lui donnant des arguments qu’il utilisera contre vous, en exagérant délibérément le reproche qu’il vous fait jusqu’à le ridiculiser. Surtout, ne plus jamais se justifier auprès de lui.

7ème étape : Soigner sa dépendance affective

La victime aura grand intérêt à comprendre la cause de sa dépendance affective, généralement un sentiment d’abandon qui s’est installé dès l’enfance et qui l’empêche d’avoir une relation saine avec elle-même : à vouloir être toujours aimée et à tout prix, elle en oublie de s’aimer elle-même. Il faut d’abord cesser de considérer l’autre comme seule source d’amour possible et aller chercher ailleurs des marques de reconnaissance, notamment en renouant avec ses proches.

8ème étape : S’affirmer

Apprendre à dire “non” ! Les victimes ne conçoivent pas de refuser de faire ce qu’on leur demande. Elles imaginent à tort que tout accepter les rendra plus dignes d’être aimés et redoutent aussi qu’un “non” puisse provoquer la fin d’une relation ou le désamour. C’est faux. Savoir dire “non” donne une grande valeur à vos “oui” : chacun sait alors à quoi s’en tenir. Le bénéfice principal est d’augmenter la confiance mutuelle grâce à l’authenticité, mais aussi d’agir en accord avec soi, d’afficher ses choix et ses valeurs en les faisant respecter.

9ème étape : Se fixer des limites et s’y tenir

Nos limites sont un élément essentiel de notre identité. On parle ici de point au-delà duquel ne peut aller ou s’étendre une action et de seuil de ce qui est acceptable. Il est indispensable d’établir des limites vis-à-vis des autres, car toute personne qui ignore où sont celles d’autrui n’a aucune raison de ne pas les dépasser. C’est d’autant plus facile avec un pervers-narcissique qu’il exige de vous de faire des choses en parfaite contradiction avec les valeurs que lui-même prétend avoir !

10ème et dernière étape : Prendre progressivement ses distances jusqu’à la rupture totale

C’est un long chemin de quitter son bourreau mais c’est nécessaire car la relation est toxique et ne vous permettra jamais de vous épanouir. Il va donc falloir le quitter définitivement mais progressivement. Si vous vivez en couple avec un pervers, il convient d’organiser votre séparation.

Si le pervers redouble d’ingéniosité pour vous garder sous son emprise, le mieux est de progressivement couper toute communication. La victime doit veiller à n’envoyer aucun mail au pervers narcissique et ne pas répondre aux siens. Mieux vaut, même si c’est difficile, les mettre dans la corbeille sans les lire. Il en va de même pour les appels et textos, il faut les ignorer. Il est préférable également de couper les ponts avec les proches qui ne comprennent pas et qui vous poussent à retourner vers lui.

Divorce Consulting, créé en 2011, est spécialisé dans l’accompagnement des victimes de pervers-narcissiques.