intelligence émotionnelle

VIVRE EN HARMONIE AVEC LES AUTRES (21)

Poursuivons aujourd’hui notre quête d’harmonie avec les autres en nous ouvrant à une estime de soi non centrée sur nous-même mais élargie aux autres. Nous allons voir qu’en pensant “nous”, on renforce l’estime de soi. Percevoir son identité comme étant en partie définie par le lien modifie en profondeur le rapport à soi-même. Et tendrait même à l’enrichir car on sait que se concentrer sur sa personne n’est pas le meilleur moyen d’apprendre à se connaître. L’évolution de nos sociétés se fait manifestement vers des rapports de type plus égalitaires, moins hiérarchiques et plus fraternels (cf. l’apparition du concept d’entreprise “libérée”). Cette évolution va avoir un effet sur l’estime de soi qui devrait être moins influencée par les rapports de dominance (pouvoirs, possessions) mais d’avantage par un intérêt pour les liens et l’appartenance.

L’estime de soi élargie : s’attacher simplement à trouver sa place parmi les autres

Les femmes sont sans doute pionnières dans cette évolution. Leur attachement à leur bien-être est à la fois corrélé à leur niveau d’estime de soi et à la qualité des liens sociaux qu’elles aiment nouer, alors que celui des hommes dépend plus du seul niveau d’estime de soi. Elles sont d’avantage tournées vers les échanges sociaux et leur santé semble bénéficier bien mieux que celle des hommes des comportements altruistes qu’elles adoptent plus volontiers.

L’intelligence relationnelle et émotionnelle dont elles font preuve aboutit à un cercle vertueux : elle favorise l’estime de soi qui facilite l’adaptation à de nouvelles rencontres car elles portent sur les personnes qu’elles rencontrent le même à regard positif que sur elles. Et cette adaptation nourrit à son tour l’estime de soi. La notion de “capital social” est fondamentale pour la force de l’estime de soi : notre plus grande richesse, ce sont nos relations. Néanmoins, pas question pour autant de se fondre dans la masse ! Ne pas chérir son individualité ne signifie pas y renoncer. Le secret est dans l’équilibre à trouver entre affirmation de soi et affiliation.

En matière d’accomplissement de soi, il peut être utile de ne pas se chercher soi mais de chercher sa place parmi les autres, c’est à dire le lieu, l’activité, les liens qui nous permettent de nous réaliser naturellement. Ne plus seulement chercher une identité mais des interactions avec son environnement, matériel ou humain. Ne plus se focaliser sur soi, sur son niveau de fortune ou sur le contrôle de son environnement. Etre dans le mouvement dans une attitude d’ouverture et de bienveillance vis à vis d’autrui.

Trouver sa place, c’est trouver des lieux pour se ressourcer (activité religieuse, communion avec la nature…), des actes pour se retrouver (aider, consoler, comprendre, éduquer…), des liens pour être ensemble (amour, amitié, humanité). Lorsqu’on trouve sa place, on est en harmonie avec soi et en position d’accueil vis à vis des autres. Nos angoisses s’apaisent, on est imprégné d’un sentiment d’évidence et de cohérence (“je suis là où je dois être”). On ne se pose plus de questions existentielles ou identitaires.

La façon de trouver sa place est très caractéristique de notre estime de soi.  Il est rare que notre place nous soit indiquée ou réservée. Il nous faut souvent la trouver par nous-même. Au lieu de chercher et de faire sa place, les sujets à basse estime de soi tendent à la rêver et à l’attendre; tandis que les sujets à haute estime de soi cherchent à la bâtir, quite à s’imposer, plutôt que de s’y installer tranquillement. Nous le voyons, trouver sa place nécessite d’être dans l’action. Mais comment bien agir ? C’est ce que nous allons voir à travers une nouvelle série d’articles.