intelligence émotionnelle

VIVRE EN HARMONIE AVEC LES AUTRES (20)

Poursuivons aujourd’hui notre réflexion en réfléchissant sur la place de l’ego comme moyen d’améliorer notre estime de soi vis à vis des autres. Nombre de nos problèmes d’estime de soi ne viendraient-ils pas en fait de notre difficulté à maîtriser notre égo? La culture occidentale, déformée par les excès de l’individualisme, nous pousse d’avantage à exister par différenciation que par appartenance : ce qui compte, c’est d’être différent pour être unique car ce qui est rare est cher alors que ce qui est commun n’est pas mis en valeur. Ainsi donc, dans notre société contemporaine, l’ego a pris une place sur-dimensionnée. Alors pourquoi pas essayer de cultiver son estime de soi en renforçant la recherche d’appartenance plutôt que celle de la différence?

Le renforcement de l’estime de soi par la recherche du sentiment d’appartenance

Différentes études ont montré les bénéfices du partage des événements de vie positifs : lorsque quelque chose de favorable arrive à quelqu’un, on peut en amplifier de manière importante les effets bénéfiques en le partageant avec autrui et même les prolonger dans le temps. N’est-ce pas le rôle des réseaux sociaux? Il semble en effet que l’espèce humaine soit particulièrement apte à une transmission naturelle des émotions entre les êtres, sur le mode d’une contagion intuitive.

Nous avons ainsi en nous tout ce qu’il faut pour nous réjouir du bonheur des autres. Pourquoi est-ce dans la réalité si peu souvent le cas, ou seulement vis à vis de personnes qui nous sont chères? Sans doute parce que nous sommes prisonniers de mauvais réflexes de l’estime de soi dégradé par l’esprit de compétition qui anime nos sociétés. La propagation des émotions négatives s’en voit plus facilité que celle des émotions positives.

Pourtant, il est très probable qu’apprendre à se réjouir de ce qui arrive aux autres, à tous les autres en tant que représentants du genre humain, représente non seulement une bonne chose pour les sociétés mais aussi pour l’estime de soi de la personne qui procède ainsi. La recherche d’harmonie est meilleure pour nous que celle de suprématie. La compétition sociale peut même se révéler toxique pour l’estime de soi. Mais il est difficile d’y résister car elle est entretenue par l’organisation pyramidale et élitiste de nos sociétés.

Pourtant le rôle bénéfique d’une vision étendue de l’estime de soi n’est plus à démontrer. Lorsqu’on augmente le sentiment de proximité de personnes volontaires, on s’aperçoit que leur niveau d’estime de soi souffre moins du succès des autres que si on a amené ces volontaires à se percevoir surtout comme des personnes autonomes. Cela se vérifie également dans les relations sociales au sens large. Lorsque nous étendons l’estime de soi à l’estime des autres, nous la rendons plus robuste.

Autre exercice : travailler à la circulation de l’estime de soi : valoriser autrui, l’encourager, reconnaître sa valeur, c’est bien le meilleur service que l’être humain puisse rendre à l’humanité.  D’où l’intérêt de ne pas limiter cette appartenance à des cercles trop restreints. C’est sans doute ce que cherche à refléter l’expression “citoyens du monde”. Nous poursuivrons prochainement notre quête de l’estime de soi élargie.