VIVRE EN HARMONIE AVEC AUTRUI (17)

Poursuivons notre réflexion sur les attitudes sociales positives en nous intéressant aujourd’hui, après la gentillesse et la générosité, à la gratitude. Elle consiste à reconnaître le bien que l’on doit aux autres, et plus précisément à manifester plus ou moins ostensiblement notre reconnaissance, sans chercher aucunement à la dissimuler ou à l’oublier.

Les bénéfices de la gratitude envers autrui

La gratitude, si elle peut sembler quelque peu désuète à certains, n’en comporte pas moins de multiples bénéfices, notamment en terme de bien-être psychique et d’estime de soi, augmentant le sentiment d’appartenance à un groupe, une lignée, une collectivité humaine. Or tout ce qui favorise le sentiment d’appartenance renforce l’estime de soi. Par ailleurs, elle semble également être corrélée à une autonomie accrue vis à vis des attitudes matérialistes, grandes déstabilisatrices de l’estime de soi.

Dans ce domaine, sans doute que la gratitude casse le lien égoïste entre soi, et ses “possessions” et ses “richesses”, en ce qu’elles nous amènent à reconnaître ce qu’elles doivent à tant d’autres : parents qui nous ont donné vie, forces et talents pour obtenir ces possessions , maîtres d’école ou amis qui nous ont aimé, compris, encouragé…

Quid des profils à estime de soi fragile vis à vis de la gratitude ?

Les souffrances de l’estime de soi entravent hélas la pratique de la gratitude. Ainsi le besoin de se valoriser en mettant en avant son autonomie : tirer fierté de s’être “fait tout seul”, de ne rien devoir à personne. C’est en fait une sorte de mensonge à soi-même, qui est largement pardonnable, constituant un des grands mythes de notre époque moderne : celui de l’individu qui pourrait y arriver tout seul grâce sa volonté, son travail et son intelligence.

Néanmoins, la gratitude n’est pas évidente quand on a connu certains trajectoires de vie, marquées par le manque d’amour, l’abandon ou les violences. Il est rare pourtant qu’un être humain puisse objectivement prétendre : “ne rien devoir à personne”.  Alors voyons comment peut se pratiquer la gratitude.

Quelques moyens de s’exercer à la gratitude…

  • Penser nos succès en terme de gratitude : non pour minimiser notre mérite mais pour rester “connecté” à la chaîne humaine à laquelle nous appartenons
  • Au delà des succès matériels, cultiver les sentiments de gratitude pour les gestes de gentillesse reçus : sourires, aides minimes dans des gestes anodins du quotidien (tenir une porte, aider à ramasser un objet tombé à terre…)
  • S’endormir chaque soir sur une pensée de gratitude : pour ce qui m’a fait du bien aujourd’hui à travers, un geste, une parole, un sourire, un regard, ce qui améliore le bien-être émotionnel
  • Pratiquer l’étrange plaisir de l’extension de la gratitude : s’entraîner à la ressentir pour des proches, des personnes connues, ou même des inconnus. Ces exercices de gratitude nous aident à voir les liens existant entre les êtres humains.

Nous poursuivons prochainement notre propos sur les attitudes sociales positives en nous intéressant à l’admiration.