VIVRE EN HARMONIE AVEC AUTRUI (16)


Poursuivons notre réflexion sur les attitudes positives vis à vis d’autrui en nous intéressant aujourd’hui à la générosité, cette vertu du don qui permet de cultiver une utile indépendance envers les objets matériels : être capable de donner ce que l’on possède plutôt qu’en être possédé soi-même. Au quotidien, cela consiste à donner un peu plus (parfois beaucoup plus) que ce que les autres attendent ou encore mieux à prendre les devants de leurs désirs. Sans aller jusqu’au sacrifice, la générosité implique d’agir “à l’aveugle” vis à vis d’autrui, de donner toujours un crédit, plus ou moins large selon nos propres capacités, sans avoir à rechercher si le destinataire en est digne et s’il nous en sera reconnaissant…

Des bienfaits de la générosité à l’égard d’autrui

Comme la gentillesse, la générosité “gratuite”, même si elle peut sembler hors de propos, n’est pourtant pas un luxe car elle semble au contraire utile à toute vie en collectivité. Elle est une sorte d’assurance anti-malentendu, anti-brouille sociale. Il est un fait que si vous êtes connu pour être naturellement généreux, les autres seront plus enclin à juger avec indulgence vos éventuelles attitudes négatives ou ambigües lors des échanges avec vous.

Les souffrances de l’estime de soi poussent parfois à la mesquinerie : on attend de l’autre qu’il fasse le premier pas et on rend en retour seulement à hauteur de ce qu’on a reçu. On surveille attentivement la stricte réciprocité des échanges : ce sont les profils des personnes qui passent leur temps à établir des comptabilités dans les rapports humains… Si vous avez observé cette tendance chez vous, faites le test de modifier progressivement votre attitude en faisant montre de générosité. Motivez vous en vous disant que vous faites votre “boulot d’être humain”. Vous serez surpris de l’amélioration de vos rapports avec ceux vis à vis desquels vous aurez fait preuve de générosité.

Ces comportements de gentillesse et de générosité existent même chez certaines espèces d’animaux qui sont capables de prendre soin des plus faibles. Les bénéfices pour le groupe sont indéniables : favoriser la cohésion et la chance de survie de tous ses membres. Cela représente un signe évident d’intelligence accrue de l’espèce face aux difficultés de l’existence. Seules les espèces dites “supérieures” développent ainsi cette solidarité permettant d’intégrer et de protéger ceux qui peuvent être perçus comme moins directement “utiles”, comme le voudrait une lecture simpliste des lois de l’évolution et de la sélection naturelle. Chez l’humain, fort heureusement, cette vertu est très ancienne.

Nous poursuivrons prochainement notre réflexion sur les attitudes sociales positives en nous intéressant à la gratitude.