VIVRE EN HARMONIE AVEC AUTRUI (15)

Poursuivons notre réflexion en voyant comment le lien à autrui peut renforcer le lien à soi-même. Avant 1968 se pratiquaient à l’école des cours de morale, à partir d’anecdotes destinées à attirer l’attention sur les bénéfices à se trouver serviable et bien intentionné à l’égard de son entourage. Après lecture, deux à trois minutes de réflexion laissées à l’élève lui permettaient d’intégrer la morale de l’histoire. C’était un excellent moyen pour éduquer les jeunes esprits à vivre ensemble. D’ailleurs, avec les événements de 2015 en France, une réflexion est en cours pour la réinstaurer sous une forme plus moderne. Attardons nous sur les attitudes positives à adopter vis à vis d’autrui pour mieux appréhender leurs bienfaits.

Des bénéfices de la gentillesse à l’égard d’autrui

Une période de vulnérabilité passagère nous fait rapidement prendre conscience de l’importance de la gentillesse qu’autrui peut nous témoigner à cette occasion. Prenons le cas d’une hospitalisation avec le sentiment de fragilité que ressent le patient par rapport à l’énorme machine hospitalière, l’impression d’être à la merci de tout le personnel médical : médecins, infirmières, secrétaires, brancardiers… La vulnérabilité nous fait ressentir un énorme besoin de bienveillance à notre égard. Et à chaque fois qu’on est l’objet d’un geste de gentillesse, il se passe quelque chose dans le corps, une onde de chaleur, de douceur, une sensation presque hormonale, source d’un bien-être insoupçonné.

La gentillesse est une attention bienveillante envers autrui, à priori inconditionnelle. Vouloir du bien à autrui, sans qu’il l’ait demandé, sans savoir s’il le mérite, juste parce qu’il est un être humain. La gentillesse va au-delà de la simple écoute ou de l’empathie. Professionnellement, dans bien des domaines la consigne de neutralité bienveillante est préférée à celle de gentillesse. Il y a pourtant autant de bénéfices pour le client à la gentillesse, que d’inconvénients à la froideur et à la distance. Le manque d’estime de soi est souvent un frein à la gentillesse. Les personnes manquant de confiance en elles ont peur qu’on abuse de leur bienveillance. Simplement, même si c’est une vertu d’être gentil, il ne faut pas être que gentil. Il faut également savoir assumer ses convictions.

Les profils à haute estime de soi instable, eux, sont souvent sur la défensive, se sentant souvent menacés par les autres, ce qui déclenche de la froideur et les rend antipathiques. Ils peuvent penser que la gentillesse ne donne pas assez d’éclat ou de sentiment de pouvoir, qu’elle est bonne pour les “faibles”, ce qui ne les motive guère puisque leur estime de soi fragile est dépendante de tels signes de validation. C’est la raison pour laquelle la capacité de gentillesse et de bienveillance à l’égard d’autrui n’est pas toujours aisée à acquérir. Mais il est indéniable que la gentillesse procure du bien à la personne qui la pratique, ainsi qu’à la personne qui en est destinataire. Et c’est un excélent moyen d’aider à l’avènement d’un monde meilleur, à sa modeste mesure…

Nous poursuivrons bientôt notre propos sur les attitudes positives vis à vis d’autrui en nous intéressant à la générosité.