intelligence émotionnelle

DEVENIR ACTEUR DE SA VIE (1)

Après une longue série d’articles consacrée à l’estime de soi, nous allons désormais porter notre réflexion sur l’action à mener pour devenir acteur de sa vie et se donner ainsi les moyens de trouver le bonheur nous permettant de nous épanouir réellement. L’estime de soi est un rapport à soi-même qui se nourrit de l’action par un mouvement de va-et-vient incessant entre réflexion et action. C’est la respiration même de l’estime de soi qui est en jeu. L’action est ainsi l’oxygène de l’estime de soi. L’immobilisme la fragilise, le mouvement la sauve, même si c’est souvent au prix de certaines douleurs car l’action expose à l’échec et au jugement.

L’estime de soi se construit souvent sur des rêves brisés!.. Alors comment agir sans trop souffrir? Pour remettre dans nos vies le mouvement de la vie lui-même, il y a des craintes à repousser, des habitudes à bousculer, des règles internes à transgresser : c’est le prix à payer ne plus avoir peur de l’échec, ne plus dépendre du succès, ne plus courir après la perfection… La série d’articles que nous entamons aujourd’hui va s’attacher à nous rendre la mise en action plus sereine et plus profitable.

SE METTRE EN ACTION POUR S’ESTIMER & DEVENIR ACTEUR DE SA VIE

L’estime de soi et l’action entretiennent des liens étroits dans trois dimensions principales :

  • La véritable estime de soi ne se révèle que dans l’action et la confrontation à la réalité. Elle ne peut se dessiner qu’au travers la rencontre avec l’échec et le succès, l’approbation et le rejet… Sinon, cela risque de n’être que du “déclaratif”. L’existence ne se vit pas par procuration. Nous ne sommes pas ce que nous proclamons ou imaginons être. La qualité de l’estime de soi se révèle aussi sur le terrain de la vie quotidienne, pas seulement sur les hauteurs d’esprit : il s’agit de s’incarner.
  • L’action est facilitée par l’estime de soi : un des symptômes de l’estime de soi fragile consiste précisément dans des rapports compliqués avec l’action. Chez les profils à basse estime de soi, on la redoute et on la repousse (c’est la procrastination) car on a peur de s’y révéler faible, d’y éprouver nos limites. Sinon, on la recherche comme moyen d’obtenir admiration et reconnaissance mais on ne la supporte que victorieuse, couronnée de succès.
  • L’action nourrit, façonne, construit l’estime de soi. Elle est, avec le lien social, l’une de ses deux grandes nourritures. Tout le reste n’est qu’autosuggestion, pour le meilleur et pour le pire…

Un besoin fondamental : le sentiment d’efficacité

Chacun a besoin de sentir et d’observer que ses actes ont une influence réelle sur son environnement et sur lui-même. C’est un besoin tellement vital pour notre psychisme qu’il est , en dehors même de problèmes psychologiques, l’objet d’illusions positives et de petits comportement étonnants : par exemple, lorsque nous devons faire un 5 ou un 6 à une partie de dés, nous le lançons beaucoup plus fort que pour  faire un 1 ou un 2 !.. Cette dimension du sentiment de contrôle exerce une influence fondamentale sur le bien-être et sur l’estime de soi.

Les différences sont importantes entre les personnes selon le niveau auquel se situe leur sentiment de contrôle. On considère en général que plus il est élevé (ou “interne” car considéré comme dépendant de soi et non du hasard), plus cela comporte d’avantages, notamment en matière d’estime de soi. Une dimension facile à mesurer dans la vie quotidienne réside dans les capacités d’autocontrôle, l’aptitude à s’engager dans la poursuite d’un objectif sans en être immédiatement récompensé.

Exercer un contrôle sur des détails de la vie quotidienne (loisirs, taches ménagères…) est favorable aux sentiments de bien-être et à l’estime de soi. Voilà pourquoi il est important quand on commence à douter de soi, de ne pas renoncer à faire ses taches quotidiennes car renoncer à ces gestes de contrôle sur notre environnement familier est l’erreur que commettent, sous l’effet de leur maladie, les personnes dépressives. Tout ce qui va miner notre rapport à l’action est potentiellement toxique. Or les problèmes d’estime de soi incitent souvent à des évitements ou à des dérobades.

Nous poursuivons prochainement notre réflexion sur la mise en action en analysant comment les évitements sapent l’estime de soi pour ensuite évoquer l’intelligence de l’action.