divorce

La déconstruction de la relation conjugale

Un des enjeux de la séparation conjugale est de parvenir à la gérer sans y laisser trop de plume. Pour y parvenir, il convient d’appréhender un à un tous les effets de la séparation : d’ordre psychologique d’abord (gestion de l’échec du couple avec tout ce que cela peut représenter) et d’ordre juridico-financier ensuite (gestion de la procédure amiable ou contentieuse, partage des biens avec les règlements financiers qui vont avec, liquidation du régime matrimonial, prestation compensatoire), sans oublier bien évidemment la délicate question des enfants.

La gestion des enjeux d’ordre psychologique

Le premier enjeu d’ordre psychologique est d’éviter de tomber dans les pièges de la victimisation, de la culpabilisation ou de l’envie de vengeance. Il s’agit de comprendre que d’une façon ou d’une autre, la responsabilité de l’échec du couple est double même si vous n’en n’êtes pas moteur.

Il conviendra également d’admettre que la souffrance, même si elle n’est pas de même nature, existe bien souvent des deux côtés, autant de celui qui est à l’origine de la demande de séparation que de celui qui subit cette demande de l’autre.

Cette question qui est particulièrement délicate peut nécessiter l’accompagnement d’un professionnel, pour mieux gérer les questions relatives au deuil de la relation, à votre participation (plus ou moins consciente) aux problèmes du couple à l’origine de la rupture, et tout simplement pour traverser plus sereinement la période de tristesse inhérente à la séparation.

Vous êtes à l’origine de la demande de séparation

Vous avez progressivement pris conscience que le couple ne fonctionnait plus et vous avez souvent agité de multiples sonnettes d’alarme avant de vous résoudre à prendre l’initiative de la rupture. Vous avez tout essayé pour sauver votre couple, parfois même des relations extra-conjugales. Vous avez beaucoup réfléchi, consulté, analysé, hésité, pensé aux conséquences pour les enfants. Puis un jour, faute de dialogue et de projets communs, la rupture s’est imposée à vous comme une évidence.

Vous avez pris conscience que la situation finissait par abimer également vos enfants, qui subissaient un climat de plus en plus lourd, émaillé de disputes et de sentiments de malaise ambiant et que ce serait finalement mieux pour eux d’avoir des parents séparés mais heureux plutôt que malheureux ensemble. Vous avez le sentiment de vous étioler, de vous dessécher, de dépérir et la rupture s’impose maintenant comme une évidence, comme par le jeu de votre instinct de survie, pour reprendre votre vie en main et vous donner une nouvelle chance de connaître le bonheur. On sous-estime souvent la tristesse de celui qui est à l’initiative de la rupture (très souvent la femme), se focalisant sur celle de celui qui subit la décision de l’autre.

Vous subissez la décision de rupture que votre conjoint vous impose

Souvent celui qui est quitté ne s’attend pas à l’être, ce qui génère un sentiment d’abandon source d’une immense tristesse. Vous êtes sonné, comme si le ciel vous tombait sur la tête : tout le système sur lequel repose votre vie s’écroule soudainement. Vous perdez votre cocon familial, qui vous protégeait des agressions extérieures, vous laissant complètement désemparé. Vous vous retrouvez en fait terrassé, oscillant entre l’incrédulité, la colère et l’angoisse devant un avenir complètement incertain.

La rupture du couple génère souvent une terrible blessure narcissique, source de mésestime, de culpabilité et de remise en question générant un mal être qui va tôt se répercuter sur l’ensemble de la famille, mais également dans toutes vos sphères relationnelles y compris professionnelles et sociales. Cependant, il arrive (rarement) que la rupture soit le fruit d’une réflexion commune…

Vous êtes tous les deux à l’initiative de la rupture

Il arrive que les deux époux font ensemble le constat que le couple a vécu et qu’il est temps de refermer cette page de votre vie. Personnellement, en 20 ans d’exercice dans le divorce, je peux vous assurer que même dans ce cas, il y en a généralement un pour qui ce sera plus douloureux, même s’il n’osera pas l’avouer aux autres, ou tout simplement à lui-même.. Celui-là au bout du compte y laissera plus de plumes…