Etre maître de sa vie (5)

Poursuivons le cours de notre réflexion en marche vers un objectif ultime : être maître de sa vie en abordant plus précisément aujourd’hui un sujet délicat : la psychologie des regrets. De quoi s’agit-il ? Qui n’a jamais trépigné en éprouvant la souffrance liée à la conviction (ou le doute) de ne pas avoir fait le bon choix dans le passé et d’en payer amèrement le prix fort ?

Devenir maître de sa vie en gérant efficacement la psychologie des regrets

Le regret est fréquent lors des problèmes d’estime de soi. Il y a une espèce de symétrique de l’hésitation et de la procrastination : hésiter avant d’agir, douter de l’efficacité de l’action après avoir agi ? Si l’action aboutit à l’échec, le regret nous envahit. Les profils à basse estime de soi préfèrent ne pas agir du tout pour être sûr de ne pas regretter après coup. L’envie d’agir est dissuadée par anticipation.

L’action générerait-elle plus de regret que l’inaction ? En fait, la fonction des regrets est précisément de nous permettre de tirer les leçons de nos échecs, pour nous inciter à être plus prudents à l’avenir avant de nous lancer dans une nouvelle action. Le problème est que ce frein, qui est utile, devient une source de blocage pour les profils en mal d’estime d’eux-mêmes. Pourtant, des études ont démontré que ce que les gens regrettaient le plus dans leur vie étaient majoritairement lié à ce qu’ils n’avaient pas osé faire.

Ce paradoxe apparent s’explique par le fait que le temps qui passe fait évoluer nos regrets : ce que nous avons tendance à regretter dans l’immédiat, ce sont surtout les choses que nous avons faites, nos actions ; alors que ce que nous avons tendance à regretter le plus sur le long terme, ce sont plutôt les choses que nous n’avons pas faites, nos intentions d’action non concrétisées.

Emotionnellement, les regrets d’action sont d’avantage associés à des émotions intenses (colère, honte, culpabilité, frustration…), tandis que les regrets d’inaction induisent des émotions plus discrètes (mélancolie, nostalgie, désabusé…), mais aussi plus durables. C’est que dans le premier cas je regrette une réalité alors que dans le second il s’agit d’une virtualité.

Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en abordant la question de la mise à bonne distance de nos souvenirs.