Etre maître de sa vie (4)

Poursuivons le cours de notre réflexion en marche vers un objectif ultime : être maître de sa vie en abordant plus précisément aujourd’hui le sujet du mythe toxique du dépassement de soi. Notre société nous impose une véritable tyrannie en la matière, de sorte que seul le succès est envisageable, l’échec nous exposant à la relégation sociale.

Devenir maître de sa vie en se libérant du mythe toxique du dépassement de soi

La société contemporaine nous bombarde d’injonctions et de challenges à relever pour être un citoyen « au top », digne d’intérêt. Cette pression est le résultat de l’idéologie malsaine qui nous envahit depuis 30 ans, avec son culte toxique de la performance. Il faut absolument être « winner », surtout pas « looser »…
L’action a beau être l’oxygène de l’estime de soi, elle ne peut néanmoins être son unique levier. On peut passer même à côté de sa vie en se perdant dans une action toxique. Comment ? En répondant sans y réfléchir aux injonctions d’action que nous renvoie la société. Mais pourquoi est-on si dépendant de la reconnaissance sociale ? Ces quêtes en valent-elles vraiment la peine ?
L’obsession de la médiocrité mène justement à la … médiocrité ! Médiocrité de la qualité de vie, médiocrité de l’indépendance par rapport aux modèles de comportements socialement valorisés. Où est notre liberté ? A-t-on le droit de se permettre le « luxe » de décevoir, afin de se libérer de la contrainte de notre image sociale ?
Travailler sa liberté face au succès va de pair avec sa liberté face à l’échec. Essayons de calmer le jeu, d’être plus raisonnable. On peut se vacciner contre la déception, devenir plus indépendant face à la réussite. Se réjouir calmement de ses petits succès, réagir avec modération et sang-froid à ses échecs.
L’estime de soi se construit sur des rêves brisés : même si nous avons tendance à les refouler dans l’oubli, nos ratages sont plus nombreux que nos réussites, sur le chemin du succès. En tenir compte ne nous empêche pas d’agir, bien au contraire, cela nous aide à le faire plus paisiblement.
Il convient en fait de mettre en place une sorte d’« hygiène » du succès : inutile de le refouler ou de le gâcher par l’inquiétude (« Et demain ? ») ou le pessimisme préventif (« rien ne dure, rien n’est acquis, « la roue tourne ! »). Il convient de le savourer sans le valoriser de façon excessive. Ne jamais perdre de vue ce mélange de chances, de mérites, mais aussi d’injustices que représente toute forme de succès. Il n’y pas plus de vérités révélées sur nous lors de nos réussites qu’à l’occasion de nos échecs.
Gardons la tête froide et nourrissons-nous de pensées positives. Continuons à travailler notre présence bienveillante au monde et notre lien aux autres.
Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en abordant un nouveau sujet difficile : la psychologie des regrets.