DEVENIR ACTEUR DE SA VIE (9)

Poursuivons notre réflexion sur la façon de devenir acteur de sa vie en continuant aujourd’hui l’analyse du feed-back. Il existe plusieurs types d’information communiquée via notre feed-back : plus ou moins positif, plus ou moins spécifique. Plus l’information est générale, plus l’impact émotionnel est grand. De même qu’une information plus précise est plus facile à intégrer ou à corriger car elle nous impacte moins émotionnellement. Moralité : quand vous avez à commenter les performances d’une personne, plus celles-ci ont été médiocres, plus vos critiques devront être précises et ciblées pour ne pas affecter émotionnellement votre interlocuteur.

Consolation ou information? Comment sélectionner ce que nous décidons d’entendre du feed-back pour devenir acteur de sa vie

Ce que nous recherchons à entendre de notre feed-back est déterminant. Si le feed-back positif est agréable, le feed-back négatif est toujours utile… C’est dans l’adversité que l’on progresse… Il convient en fait de domestiquer notre feed-back pour qu’il nous stimule émotionnellement tout en nous faisant progresser grâce aux informations plus négatives qu’il contient et qu’il convient de transformer en critique constructive. Ainsi, après l’accomplissement d’une performance stressante, il convient d’abord de se réjouir d’avoir effectué la performance pour seulement ensuite entendre les informations plus négatives. Même si sous sommes globalement fiers d’avoir relevé le défi, on sent de toute façon très bien intuitivement la nécessité du feed-back négatif. Des études ont montré que les sujets à bonne estime de soi tendent à chercher un feed-back informatif (“comment j’étais ?”) plutôt qu’un feed-back positif (“j’étais bien ?”). Ils recherchent d’avantage une évaluation leur permettant d’évoluer, alors que les sujets à mauvaise estime de soi recherchent une approbation (on les aime quand-même…) leur permettant d’être rassuré.

Les réactions au feed-back varient également selon les profils d’estime de soi. Après une situation menaçante pour leur ego, les sujets à bonne estime de soi se montrent moins aimables, se concentrant sur leurs soucis tandis que les sujets à médiocre estime de soi redoublent de gentillesse, cherchant à ne pas perdre l’affection des autres alors qu’ils sont déjà en danger. En fait, le feed-back des autres est un bon régulateur de nos excès éventuels dans la tendance à se valoriser et à développer notre égo. C’est une fonction primitive du feed-back dans les groupes sociaux : il sert à réguler les comportements excessifs, mettant en danger les équilibres relationnels naturels. Notons enfin tout l’intérêt à recevoir du feed-back de la part de personnes que nous connaissons peu : il est souvent beaucoup plus fiable que celui de nos proches car non “pollué” par les liens affectifs qui faussent leur jugement.

Nous poursuivons très prochainement l’analyse du feed-back, en voyant comment en tirer le meilleur usage dans la vie quotidienne.