intelligence émotionnelle

DEVENIR ACTEUR DE SA VIE (3)

Poursuivons notre réflexion sur la façon de devenir acteur de sa vie en nous interrogeons aujourd’hui sur l’intelligence de l’action. Car si maîtriser sa vie ne peut se faire sans se mettre en action, une réflexion préalable à l’action va s’avérer nécessaire. Déjà le but de la philosophie antique était d’améliorer le quotidien à travers une multitude d’actes et de réflexions pratiques. C’est à travers ces aller-retours avec la vie que nous pouvons prétendre nous construire, nous connaître, nous développer et nous épanouir. Mise à l’écart des leçons de l’action, la réflexion et l’estime de soi se crispent et se fragilisent. L’action ouvre au monde, au lieu de seulement muscler l’ego.

Les règles de l’action sereine pour devenir acteur de sa vie

L’action est autant une chance qu’une menace; c’est pourquoi elle doit être pensée, préparée. Chance de découvrir et de s’accomplir; menace d’échouer et d’être jugé au travers cet échec. La manière dont chacun arbitre entre ses deux pôles en dit long sur l’estime de soi de chacun. De même que la manière dont l’action est précédée de ruminations, d’anticipation plus ou moins sereines et réalistes. L’action est nécessaire mais pas dans n’importe quel état d’esprit et pas à n’importe quel prix. Même si le pire est de faire des évitements à l’action une règle de vie et un moyen de protéger son estime de soi, un autre écueil doit cependant être évité : transformer l’action en douleur, tels que les font deux types de profils : les profils à basse estime de soi ou à haute estime de soi fragile. Voici comment ils procèdent pour rendre leur action douloureuse :

Avant l’action : se tourmenter (anxiété d’anticipation) au point de s’en rendre malade : profils des personnes pathologiquement angoissées qui réussissent socialement mais vivent leur performance avec un stress incroyable. Seule l’importance de leur gratification en retour (argent, prestige, notoriété…) permet à ces personnes de tenir. On constate un énorme écart entre le personnage public et la fragilité intime, dont la famille est souvent le témoin impuissant.

Pendant l’action : le sujet, dans l’action, subit un grand stress, obsédé par la peur de l’échec. D’où une surveillance inquiète des réactions et commentaires d’autrui. Au pire, cela peut altérer la performance. Au mieux, le plaisir provoqué par la réussite n’est pas à la hauteur du coût émotionnel généré par la crainte de l’échec.

Après l’action : Certes, le soulagement est présent quand le succès arrive mais il ne guérit jamais la peur de l’échec. Des angoisses relatives aux prochaines performances à réitérer arrivent rapidement. Dans les cas les plus graves, le sujet ne s’octroie pas la responsabilité du succès. C’est donc un coup de chance qu’il va être difficile de reproduire…

Pour éviter ces excès caractéristiques, nous verrons prochainement quelles règles doivent être adoptées pour avoir une action sereine et profitable.