intelligence émotionnelle

DEVENIR ACTEUR DE SA VIE (14)

Poursuivons notre réflexion sur la façon de DEVENIR ACTEUR DE SA VIE par l’analyse des stratégies à adopter pour gérer ses échecs. Après l’autopsie des échecs, voici quelques pistes à explorer :

Nuancer sa lecture de l’échec :

L’échec est rarement total, comme notre cerveau émotionnel voudrait bien nous le faire croire. Sur le coup, nous avons en effet tendance à percevoir notre échec comme complet (rien de positif), global (atteint notre crédibilité dans tous les domaines) et général (tout le monde est au courant). Mais il ne faut jamais perdre de vue que tout le monde a connu un jour un échec. Si une certaine forme de compréhension n’apparait pas parmi les membres de notre entourage, cela peut signifier que ceux qui nous font ressentir le poids de notre échec ont des comptes à régler avec nous ou avec eux-mêmes! Dans ce cas, notre échec n’est qu’un prétexte pour nous déstabiliser.

Ne pas rester seul :

Ce n’est pas tant notre échec à proprement parler qui nous fait souffrir que le fait de l’exposer au regard des autres. D’où l’intérêt de tester la perception qu’ont les autres de l’événement qui nous tourmente. En fait, entre ceux qui ne sont pas au courant, ceux qui n’y ont pas prêté attention, ceux pour qui l’événement n’est pas vécu comme traumatisant ou humiliant, ceux qui pensent que nous pourrons nous en remettre, on se rend compte que le regard des autres sur nos échecs est toujours plus sage et mesuré que le nôtre. Dans tous les cas, il ne faut pas rester seul et parler de notre désarroi à notre entourage pour lutter contre ce mouvement naturel qui nous pousse au retrait à cause de la honte qui s’empare de nous.

Tenter la stratégie de l’affrontement (pour les échecs les plus douloureux) :

Plus l’échec est difficile à vivre, plus il conviendra (paradoxalement) de l’affronter, en s’astreignant à le regarder en face. En psychothérapie, ce sont les techniques d’imagerie mentale qui sont utilisées pour garder présent à la conscience, avec le maximum de détails et d’intensité émotionnelle, les événements traumatisants. L’intensité réaliste de l’évocation de ces événements permet de désactiver l’excès de charge émotionnelle associée et de stocker l’événement en mémoire en tant que souvenir “nettoyé” et non encore actif. La démarche peut s’avérer ardue et nécessiter l’accompagnement d’un professionnel si l’échec a été intense et douloureux, engendrant un véritable traumatisme de l’estime de soi à l’occasion, par exemple, d’humiliation en public dans des domaines où l’on est “attendu” et où l’enjeu de la crédibilité est important.