DEVENIR ACTEUR DE SA VIE (13)

Poursuivons notre réflexion sur la façon de devenir acteur de sa vie par l’analyse des stratégies à adopter pour se débarrasser d’une peur  incontrôlée de l’échec. Si la peur de l’échec est si fréquente, c’est d’abord parce que, dans une certaine mesure, elle est normale. Elle nous pousse à ne pas être indifférent aux conséquences matérielles et sociales de nos actes. Elle est donc souhaitable, mais seulement jusqu’à un certain point.

 Comment se débarrasser d’une peur maladive de l’échec pour devenir acteur de sa vie

 Quand on devient allergique à l’échec, la conséquence d’un ratage n’est alors plus de l’ordre du déplaisir mais de l’affliction. C’est alors la honte qui est au cœur du problème : cette émotion violente qui nous pousse à nous percevoir non pas seulement comme incompétents mais globalement comme déficients et indignes. Le travail sur cette allergie à l’échec qui caractérise les estimes de soi en souffrance est un travail de longue allène qui nécessite d’associer plusieurs stratégies parmi lesquelles :
*  L‘autopsie des échecs : il s’agit de revenir systématiquement sur son échec non pour remuer le couteau dans la plaie mais pour comprendre. C’est un travail qui peut paraître à priori en décalage dans une société qui prone les vertus de la réussite, et qui demande du courage pour lutter contre la mémoire émotionnelle négative de l’échec. Mais ce travail est instructif et émotionnellement réparateur. Voici les différentes étapes de ce travail :
– 1/ Réfléchir tout de suite après l’échec à ce qui s’est passé. A défaut, le pilotage automatique  de notre conscience nous égare dans des ruminations que nous percevons vaguement en arrière-plan sous forme de vagues flash-backs : mauvais résultats garantis, surtout à long terme.
– 2/ Essayer de relativiser l’échec en mettant en exergue l’aspect peut-être positif de la situation. Cela aurait pu être pire… Cela permet d’entamer le processus de digestion de l’échec.
– 3/ Ne pas s’arrêter trop longtemps à l’étape de rumination et passer assez vite (mais pas trop vite…) à l’étape suivante.
– 4/ Tirer des leçons de l’échec : trouver les causes l’expliquant et mettre en oeuvre les conditions pour qu’il ne se répète pas.
– 5/ Arrêter d’y penser. Si les ruminations reviennent, reprendre le travail à l’identique, quite à se redire les mêmes choses le cas échéant. La tendance à la rumination s’encre généralement dans un échec qui n’a pas été digéré.
Nous poursuivons prochainement l’analyse des stratégies de contrôle de l’échec