intelligence émotionnelle

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (35)

Poursuivons notre réflexion pour voir comment on peut aider les autres avec l’intelligence émotionnelle. Comment savoir si je suis en mesure d’être un soutien pour une personne qui traverse une difficulté ? Serait-ce plus facile avec une personne de ma sphère privée ? ou au contraire plus difficile dans ce cas ? Avec une personne seule ou avec un groupe ? Pour savoir si je peux relever le défi, je vais m’appuyer sur quelques clés de l’intelligence émotionnelle :

  • Sortir du confort de l’intelligence cognitive : Suis-je suffisamment à l’aise pour me laisser guider par des formes d’intelligence non cognitives, pour abandonner le confort intellectuel et m’aventurer dans des zones d’incertitudes, de ressentis émotionnels, intuitifs… ? Suis-je prêt à faire un voyage avec la personne que j’accompagne en acceptant de découvrir de nouveaux pans de ma personnalité auxquels mon intelligence cognitive ne m’avait pas donné accès ? Suis-je prêt à accueillir tout ce qui se présente, à prendre le risque d’être plus spontané et de me laisser guider par mon intuition ?
  • Garder à l’esprit les intentions de mon interlocuteur : lorsque je dialogue avec lui, je vais l’interroger sur son cheminement en montrant de la curiosité mais sans l’influencer au moment de son exposé. Je le laisse ainsi imaginer les obstacles, projeter les situations avec d’autres personnes, exposer les situations qu’il ressent comme des pièges.
  • Etre conscient que je peux le percevoir à travers mes propres filtres émotionnels : quand j’éprouve une émotion, je peux m’interroger sur la nature de la perception que j’ai de mon interlocuteur à travers mes filtres émotionnels. Mon attitude consiste à expliquer plutôt que de juger.
  • Tester son harmonie avec la personne qu’on souhaite accompagner : Existe-t-il un champs hors du visible, immatériel, qui me permet de sentir instinctivement ce qu’il ressent? Suis-je à l’aise avec lui, en résonance, connecté?
  • Etre à l’écoute de mon intuition : Lorsqu’une image visible, audible ou corporelle survient, je peux parfois ne pas y prêter attention, la laisser passer sans autre considération qu’un simple étonnement et continuer à écouter. A présent, je vais être attentif à tout ce qui survient ; l’expression ne dure qu’un dixième de seconde; je la garde à l’esprit et je la partage plus tard avec mon interlocuteur en l’invitant à la contempler avec moi. Je peux aussi écrire un mot, ce qui vient, esquisser un dessin ou un croquis et le partager avec lui en l’invitant à s’exprimer sur ce que cela évoque chez lui. Je le fais autant de fois que nécessaire dès que je suis confronté à une image, à une idée fugace incompréhensible par mon mental, ma logique ou mes croyances, mais qui saura trouver tout son sens plus tard, quand le moment sera venu.
  • Pousser mon interlocuteur dans ses retranchements : La personne que j’accompagne va souvent rester au stade des généralités parce qu’elle n’ose pas parler avec ses émotions pour évoquer une situation dans toutes ses dimensions ou parce qu’elle cherche à éviter des sujets trop sensibles qui la forceraient à s’impliquer davantage. En lui demandant d’être plus précis, je l’invite à passer du concept à l’affect. Je peux l’aider à se recentrer pour lui permettre d’entendre et de revivre son vécu, tant dans son corps que dans ses émotions. Mon langage devient empathique, proscrivant les mots neutres, les phrases agressives et toutes formes de jugement.

Nous poursuivons prochainement le guide des bonnes pratiques de l’accompagnement.