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DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (33)

Poursuivons notre réflexion à propos de la gestion des crises en voyant aujourd’hui trois pièges à éviter. Nous avons tous besoin de rester en contact avec nos émotions pendant les moments de crise. Bien entendu, ce sont des moments de notre vie qui nous perturbent et nous font peur. Afin de me donner toutes les chances de sortir par le haut de la crise, je vais d’abord tacher d’éviter les trois pièges courant en la matière :

Ne pas accueillir la situation de crise

Le premier piège est de ne pas adopter une attitude d’accueil bienveillant de la situation. La réaction la plus fréquente est le déni. Et plus le déni dure, plus la crise va m’impacter. Alors comment faire pour ne pas rester dans ce statu quo ? Malgré la tentation courante de me renfermer sur moi-même pour me prémunir ou me protéger des autres, je vais communiquer avec autrui pour exprimer ce que je ressens.

L’idéal est d’en parler à un ami ou à un membre de sa famille qui sait écouter sans juger. Une autre solution est de faire de nouvelles connaissances, en m’inscrivant dans un nouveau groupe culturel, sportif, associatif, religieux…. Je découvre des personnes avec qui je partage des valeurs ou des passions. Changer d’environnement ne peut me faire que du bien ! Cela va m’éviter de ressasser. Cette réaction va me permettre une mise à distance salutaire pour ne pas polluer mon esprit avec la situation difficile pour mieux y revenir sereinement plus tard. Mais je vais rester attentif à ce qui vient naturellement à mon esprit au sujet de la crise sans essayer de comprendre dans un premier temps. Il s’agit de laisser mon intuition s’exprimer sans filtre cérébral. Je peux également rencontrer un professionnel de la relation (psy, coach…). Il est alors important de choisir une personne avec qui on se sent à l’aise.

Ne pas s’exprimer sur la situation de crise

Raconter mon histoire est une chose importante. C’est une occasion unique pour m’évaluer en laissant se manifester toutes les réactions émotives. Celles qui ont été inhibées pendant la crise, dissimulées aux autres et à moi-même. Transformer les événements vécus en un récit va me permettre de me réapproprier l’expérience subie et de l’intégrer à mon identité. En m’exprimant, je ne reste pas dans la surface des choses mais au contraire j’essaie de faire apparaître tout ce qui doit être verbalisé sans retenir les mots, les larmes, les émotions et les sensations. Je me laisse guider sans essayer d’analyser ou même d’interpréter. Etre soi-même n’est pas une question de compréhension mais de ressenti, de présence et de lâcher prise.

Intégrer la crise à mon identité sera une force, un atout, et même éventuellement un talent ! C’est ce qui va faire que je suis unique au monde d’une part et qui va me relier à mon environnement d’autre part. Cette unicité qui qualifie ma personnalité, je l’accepte sans condition pour me permettre d’évoluer avec autrui.

Ne pas se responsabiliser

Le troisième piège est de ne pas entreprendre la démarche qui consiste à devenir responsable de mon expérience et de mon existence. Quelle qu’elle soi, la seule manière de me libérer de ma souffrance est de me l’approprier, d’en devenir acteur. Autrement dit, de reprendre possession de mon destin et redevenir la personne centrale dont les choix déterminent les actions et les événements. Accepter sa part de responsabilité dans l’avènement de l’événement traumatique fait partie de la thérapie.

Après avoir été plongé dans cette expérience d’impuissance, je vais donc récupérer le pouvoir que confère ma liberté et assumer pleinement les responsabilités qui en font partie. L’expression artistique, corporelle, intellectuelle ou encore manuelle, peut aider à y parvenir. En me permettant de me réinvestir et de transcender l’expérience initiale, je vais la transformer en un nouveau langage, en m’autorisant des tâtonnements, des erreurs; accepter des situations où le succès n’est pas automatiquement assuré.

Nous achèverons prochainement notre réflexion à propos de la gestion des crises en abordant la récompense à la hauteur de la crise.