intelligence émotionnelle

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (19)

Développer son intelligence émotionnelle sert notamment à être soi-même avec autrui. Je vais même pouvoir utiliser ma relation avec autrui pour apprendre à mieux me connaître et gagner en authenticité, d’abord avec moi-même. Gagnant en confiance en moi, je vais être plus à l’aise pour exprimer mes idées, mes émotions et mes valeurs. Mes nouvelles compétences acquises grâce à l’intelligence émotionnelle vont m’aider à construire des relations sincères et profondes avec autrui, à manifester une véritable écoute et à me confronter de manière directe et cordiale. Comment s’y prendre avec autrui pour mettre en route ce cercle vertueux ? En me focalisant sur ses attentes, ses besoins ou ses demandes, je vais valoriser mon rapport à l’autre et ainsi donner une toute autre dimension à mes relations sociales.

Condition préalable : apprendre à bien se connaître et à s’estimer

Quand je m’observe et que je prends du recul sur moi-même, puis-je considérer que j’accorde de la valeur à ma propre personne? Suis-je confiant dans mes pensées et dans mes actions ?  Est-ce que j’éprouve un sentiment de sécurité par rapport à ce que je pense et à ce que je fais ? Si la réponse à toutes ces questions n’est pas positive, je vais avoir du mal à m’affirmer et à nouer des relations solides avec les autres. Comment s’y prendre? En apprenant à se connaître soi-même et à s’estimer. Et comment s’y prendre concrètement ? Je ne connais pas de moyen plus efficace que d’aller consulter un psycho-thérapeute pour dénouer parmi mes pensées et mes convictions ce qui est authentiquement moi de ce qui résulte de mon histoire et de ma culture et qui vient en contradiction avec mes propres valeurs. Par ailleurs, il ne faut pas attendre d’être parfait pour commencer à s’estimer et faire preuve de bienveillance avec soi-même nous permet même d’apprécier certains de nos petits défauts.

Avoir des relations authentiques avec soi-même est un préalable nécessaire pour en avoir avec autrui. A défaut, je risque de me méprendre dans l’appréhension de l’autre en le percevant à travers mes filtres et ainsi le prendre pour ce qu’il n’est pas. Quels filtres ? Mes filtres sensoriels et émotionnels qui vont dénaturer une partie de sa personnalité, mes filtres moraux qui vont appliquer des jugements de valeur et mes filtres culturels qui vont inconsciemment l’enfermer dans des catégories pré-établies. Petit test : considérez les personnes avec qui vous êtes en relation de manière régulière et demandez-vous si vous avec ces personnes des liens authentiques et profonds ou au contraire insincères et superficiels. Quand je suis en lien avec autrui, notre relation est-elle libre ou contrainte, s’inscrivant dans un rapport inégal et/ou dans un rapport de force (rapports avec mes collègues ou mon supérieur hiérarchique).

Gagner en authenticité dans ses relations avec les autres

Dans mes relations avec autrui, il convient avant tout d’être attentif à mon bien-être émotionnel en privilégiant les personnes avec qui je me sens naturellement bien et en évitant les personnes avec qui je ressens une gêne ou un mal-être. Mais comment agir avec les personnes pour lesquelles mon ressenti émotionnel est neutre ? C’est précisément avec elles que je vais pouvoir grandir en intelligence émotionnelle ! On va être attentif à trois choses :

  • A la place qu’on laisse à l’autre quand il nous parle : une étude a mis en évidence un temps d’écoute moyen de seulement 17 secondes avant d’interrompre l’autre et donner ses idées. Je m’entraîne à augmenter mon temps de “patience”, l’idéal étant d’arriver à 2 minutes. Par ailleurs, je reste vigilent sur ma qualité d’écoute et attentif aux émotions manifestées par mon interlocuteur et/ou ressenties par moi lors de l’écoute.
  • A ne pas m’exprimer en généralisant : éviter le pronom indéfini “on” ou personnel “nous”, ce qui nous empêche de nous impliquer personnellement. Faire un effort pour s’exprimer à la première personne et passer à une expression précise, directe et franche.
  • Ne pas idéaliser ce qu’il faut faire : bannir de son vocabulaire les expressions telles que “il faut” ou “on doit” qui nous mettent dans la position de subir les actions au lieu de les accomplir. Il est préférable d’exprimer ses choix et de partager son vécu.

Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en apprenant à expérimenter de nouvelles attitudes avec les autres.