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DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (18)

Poursuivons notre réflexion consacrée à l’intelligence émotionnelle en apprenant aujourd’hui à être à l’écoute de l’autre. Ce n’est pas facile d’écouter l’autre. On peut fréquemment rester sans émotion et s’apercevoir qu’une partie cognitive de notre personnalité nous empêche de nous connecter à l’autre et de ressentir ce qui se passe en nous à son contact.

Prendre du plaisir à écouter son interlocuteur

Est-ce agréable d’écouter une personne parler ? Remettons-nous en question : Suis-je habituellement dans une posture d’écoute ou au contraire dans celle de la personne qui veut absolument s’exprimer pour faire valoir son opinion sur le sujet abordé ? De façon générale, ce sont les émotions qui rendent la conversation animée. Que se passe-t-il en moi quand l’autre s’exprime ? Selon les émotions positives ou négatives manifestées par mon interlocuteur, je les vis différemment en fonction de mon propre vécu. Si je vis pleinement les premières, je peux avoir plus de difficulté à m’abandonner aux secondes, ce qui est somme toute assez normal (à moins d’être “mazo”).

Mais soyons attentif à notre aisance à exprimer notre joie. Si je ressens une gêne à parler librement de mon désir pour l’autre ou à partager mon plaisir, je dois apprendre à être dans une posture d’accueil pour être capable de profiter pleinement de la vie. Je ne pourrai jamais atteindre un état de bonheur intense si je reste prisonnier de mes sentiments enfouis de culpabilité. Je serai tout autant fragilisé par la honte qui mêle le jugement des autres et celui qu’on porte à soi-même.

Le paradoxe d’une émotion agréable

Suis-je suffisamment à l’aise pour accueillir un signe d’affection d’un proche, comme un enlacement ou un baiser ? Je vais être attentif à ce qui se passe émotionnellement chez moi à ce moment où l’autre me manifeste son affection. Si une gêne apparaît, il convient de l’accueillir comme toutes les autres émotions. Je ne vais surtout pas la refouler. La libération des émotions demande des efforts ! C’est tellement plus facile de s’abandonner à la facilité en faisant mine d’ignorer ses émotions ! Mais c’est le prix à payer pour être libre et heureux.

Affronter une émotion désagréable

Prenons l’exemple d’une personne qui exprime de la colère à mon égard. Comment vais-je réagir? Vais-je pouvoir rester présent, dans l’accueil ? Cela dépend de mon propre niveau d’acceptation. Je peux lui laisser la possibilité de s’en libérer en lui montrant que sa colère me concerne mais ne m’atteint pas. J’évite ainsi de rentrer dans un cycle de violence dont personne ne sortira gagnant. Pour rester détaché et l’accompagner dans l’expression de sa colère, je suis recentré sur moi et l’incite à rester au niveau verbal (et non physique) de l’expression de sa colère en essayant de comprendre les raisons de sa colère et idéalement en lui disant que je comprends son emportement. S’il est tenté de devenir violent physiquement, je peux essayer de le raisonner en lui expliquant que le passage à l’acte ne l’aidera pas ne faisant qu’ajouter une difficulté supplémentaire source éventuelle de nombreux inconvénients pour lui après coup.

Une erreur commune consiste à croire qu’une émotion comme la peur, la rage ou la haine puisse être inconfortable. C’est oublier qu’elle est la condition de la libération de certaines émotions négatives qui enferment souvent des culpabilités enfouies ! Il convient en tant qu’interlocuteur d’accueillir cette émotion pour ce qu’elle est, sans jugement ni interprétation. Ce n’est pas la peur qu’il faut redouter mais d’avantage la peur d’avoir peur. Vais-je être capable de l’affronter? Bien entendu, si je veux être libre, je dois regarder ma peur en face. Quand je ressens la peur, j’ai le courage de la ressentir dans tout mon corps. Quand je redoute l’échec, je laisse ma vie être entravée par mes peurs intérieures. Quand j’ai peur d’aimer, je scrute la peur qui m’incite à renoncer à l’amour qui est la plus grande source d’épanouissement et de bonheur de l’être humain…

Nous achèverons prochainement notre réflexion en abordant sur l’écoute en abordant l’écoute de notre environnement.