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APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (9)

Poursuivons la découverte de nos compétences émotionnelles. Après l’estime de soi, intéressons-nous aujourd’hui à l’affirmation de soi. Dans cette compétence, nous sommes dans l’expression d’un point de vue, d’une idée, d’un sentiment…

L’affirmation de soi

C’est la capacité à dire ce que nous pensons ou ressentons, à exprimer nos convictions, nos idées et nos points de vue. Oser dire aux autres ce que l’on pense. S’affirmer ne signifie pas forcément prendre la parole en public ou savoir être dans l’expression de quelque-chose. Même si c’est la partie importante de l’affirmation de soi, elle est néanmoins pas suffisante. En effet, on ne peut pas s’affirmer vis à vis d’une personne sans la laisser s’exprimer car s’affirmer ne signifie pas s’imposer ! Dans mon rapport à l’autre, l’affirmation de moi n’est pas une entreprise unilatérale mais bilatérale. L’affirmation de soi est en fait autant la capacité à dire ce que nous pensons et ressentons que la capacité à entendre ce que l’autre pense et ressent, un peu comme le principe du contradictoire en justice…  Pour ainsi dire, l’affirmation de soi va demander deux compétences : celle de s’exprimer et celle d’écouter. A cette condition, et même si cela est difficile, l’affirmation de soi va générer une efficacité dans la relation à autrui.

C’est ainsi que lorsque nous sommes en mission ou en intervention dans le cadre de notre travail, nous avons des compétences métier qui ne sont pas utilisées de façon optimum si nous manquons de capacité à nous affirmer. En effet, l’estime de soi et l’affirmation de soi permettent à nos compétences techniques de se déployer. C’est ainsi que si nous ne savons pas nous affirmer, une partie de notre savoir-faire ne va pas pouvoir s’exprimer. Par exemple, si je participe à une réunion en étant impressionné par le charisme de mon supérieur hiérarchique qui impose son point de vue et par le fait que beaucoup de personnes extérieures à l’entreprise interviennent à la réunion, je ne vais pas oser donner mon point de vue technique même si j’ai un niveau d’expert plus élevé que mon supérieur dans le domaine concerné. Je ne vais pas pouvoir mettre en avant mes compétences métier que l’entreprise qui m’emploie ne va pas pouvoir utiliser de façon optimum non plus. C’est ainsi l’entreprise qui fait les frais de mon incompétence émotionnelle !  Il y a donc un lien directe entre nos compétences techniques et nos compétences émotionnelles. On le voit bien dans les conséquences induites par les difficultés à mettre en avant son savoir-faire.

Dit autrement, si nous savons quelque chose mais nous n’en sommes pas conscients, cela ne sert pas à grande chose : c’est comme si nous ne le savions pas ! Si nous avons des compétences métiers mais que nous ne savons pas les exprimer, les utiliser ou les partager, c’est comme si nous ne les possédions pas. C’est toute la différence entre le savoir-faire et le faire-savoir ! Dans les exercices de travail permettant de développer l’affirmation de soi, on travaille généralement à partir d’arrêts sur image sur des situations précises vécues  mettant en évidence les forces et les faiblesses dans la capacité d’affirmation de soi. Les exercices consistent à partager le vécu, les émotions y attachées vis à vis d’une autre personne ou d’un groupe défini. Par exemple, dans une négociation commerciale, ce qui fait la différence n’est pas la connaissance du produit ou du service, comme on le pense généralement, mais la capacité du commercial à utiliser son intelligence émotionnelle pour séduire son interlocuteur. Dans la capacité d’affirmation de soi dans les relations internes, il est nécessaire de s’affirmer et de s’expliquer en étant cohérent et motivant : c’est ce qui caractérise un leader. Ce qui fait la différence est cette capacité à se mettre en parité avec son interlocuteur pour expliquer ce qui est possible de faire ou non.

Nous poursuivons prochainement la découverte de nos compétences émotionnelles en nous intéressant à la réalisation de soi.