intelligence émotionnelle

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (6)

Poursuivons notre réflexion afin d’approfondir nos compétences émotionnelles en nous attachant aujourd’hui à la première grande étape consistant à apprendre à gérer nos émotions et plus particulièrement dans un premier temps à :

PRENDRE CONSCIENCE DE NOTRE VIE AFFECTIVE INTÉRIEURE

Le champs des compétences émotionnelles commence par notre aptitude à observer ce qui se passe en nous, ce qu’on ne fait pas naturellement par ignorance ou par peur souvent d’être dépassé par les tourments de notre vie intérieure. Combien de personne tentent d’occulter le vide de leur vie intérieure et de gérer l’appréhension de se confronter à elles-mêmes en se mettant à tout prix en couple pour tromper leur solitude ou en se plongeant frénétiquement dans une activité professionnelle dévorante? Ce n’est bien souvent qu’une fuite en avant qui les empêche de découvrir l’ampleur de la réalité de leur être. Car comment faire pour gérer les tourments de notre vie intime ? Comme souvent en intelligence émotionnelle, c’est un réflexe contre-productif car il paralyse notre capacité à gérer nos tourments intimes alors que la meilleure façon de les maîtriser est de s’y intéresser pour les apprivoiser.

Alors posons-nous les bonnes questions sans avoir peur d’être dépassé par ce que nous allons découvrir. Que vivons-nous à l’intérieur de notre être ? Dans quel état émotionnel sommes-nous ?  Joyeux/triste/mélancolique, serein/inquiet/angoissé ?… Chacun vit en permanence un état affectif sans forcément en être conscient alors qu’il s’agit précisément de faire le nécessaire pour en prendre conscience ! Il est important de scruter son état intérieur, d’observer avec attention et bienveillance ce qui se passe en nous, de considérer ses pensées, les images qui nous viennent à l’esprit et de nous imprégner de nos émotions, de notre état affectif sous-jacent.

Prenons un état de crainte. Soyons convaincus de l’importance d’identifier la nature de la crainte, de l’accueillir et de laisser venir les émotions et les sensations pour instaurer un dialogue intérieur avec elle. Si dans une situation d’interaction avec autrui (prise de parole en public par exemple), je me sens parasité par une appréhension ou si j’ai été énervé par une situation frustrante qui vient juste de se passer, il peut être opportun d’évoquer cette situation devant mon auditoire pour susciter son indulgence et lui donner une explication rationnelle à l’incongruité de mon attitude. Cela permettra à chacun, à l’intervenant comme à l’auditoire, de prendre en compte cet état de fébrilité, d’en avoir conscience et de l’exprimer librement. Cela va faire immédiatement baisser la pression chez l’intervenant et nouer une relation de vérité salutaire avec l’auditoire. Dans tous les cas, même si je ne souhaite pas partager mon état devant les autres, ce sera déjà une source de soulagement pour moi d’en prendre conscience pour commencer à m’en libérer. Le risque, si je ne le fais pas, est d’hypothéquer l’efficacité de ma prise de parole.

En soi, la prise de conscience de notre état affectif intérieur nous prépare déjà pour nous mettre en capacité de le gérer au lieu de le subir. Cette compétence à prendre conscience de son état affectif peut certes nous paraître floue, vaste, nous renseignant sur tout et rien à la fois. Pourtant, l’enjeu, en permettant cette prise de conscience, est de sortir de son état initial inhibant pour le faire déboucher sur une capacité d’action optimisée. Alors comment traduire la conscience de soi et de ses émotions en quelque chose qui va être pratique, pragmatique et efficace ? C’est bien tout l’enjeu de l’intelligence émotionnelle. Nous proposons de travailler d’abord sur la conscience de ce qui se passe autour de nous, à l’extérieur de nous pour ensuite passer à ce qui se passe à l’intérieur de nous. Car il est souvent difficile d’analyser ce qui se passe en nous à cause des parasites qui viennent perturber nos pensées. Ce sont autant de préjugés qui nous empêchent de voir clairement en nous. En revanche, il est plus facile de voir ce qui se passe à l’extérieur pour progressivement identifier ce qui est factuel et le différencier du subjectif induit par les préjugés.

Nous poursuivrons prochainement la découverte de notre vie intérieure.