intelligence émotionnelle

La victoire de la victime sur le pervers (2)

La victime, après avoir été manipulée et abusée, peut reprendre la main et enfin vaincre le pervers. Nous allons aborder aujourd’hui …

Le redressement de la victime

Une fois libérée de l’emprise de son bourreau, la victime va pouvoir entamer son travail de reconstruction, retrouver sa dignité, tirer les leçons de cette épreuve destructrice. Pour y parvenir, elle va devoir quitter l’état de survie pour se réhabituer à l’état de vie “normal” en passant par un état intermédiaire proche de celui que connaissent les otages après leur libération.  Il peut s’agir, selon les personnes, d’un désert reposant ou d’un abattement profond, un véritable effondrement après ces batailles internes et externes si coûteuses. Ce passage à vide est généralement succédé par un nouveau souffle de vie. Mais le recours à une personne étrangère est capital pour aider la victime à prendre du recul et s’élever au-dessus de la tragédie, pour dévier la fascination exercée par le pervers, sortir de la transe hypnotique dans laquelle elle a été plongée et enfin admettre la structure pathologique du pervers. Il s’agit de s’extraire de ce huit-clos funeste, de ce duo infernal.

La reconstruction s’opère en donnant du sens à l’insensé de l’épreuve traversée, en désapprenant ce qu’on croyait savoir de soi-même grâce à un travail thérapeutique nécessitant également de concevoir des transformations positives pour métaboliser la fracture psychique. Un des enjeux de la phase de reconstruction passe par le questionnement de la part de responsabilité de la victime dans ce qui s’est produit. Question dérangeante mais incontournable : la victime est-elle coupable ? C’est la même question qu’on pose à la jeune-fille violée,  “qui l’a bien cherché avec sa mini-jupe…”. En fait, il ne s’agit pas de culpabiliser la victime mais de chercher à éclairer les interactions pathologiques. Si cet engrenage fatal n’est pas le fuit du hasard,  la victime peut trouver une explication à ce qui semble ne pas en avoir, à son implication personnelle dans cette dynamique relationnelle particulière pour ne plus jamais la reproduire.

Comme nous l’avons analysé avec le profil de la victime, elle manque de confiance en elle, son estime de soi est fragile mais est animée par une belle flamme de vie, proie idéale du pervers. Mais elle n’est pas responsable dans le sens où elle n’a pas rendu son bourreau pervers; elle a seulement été une bonne occasion pour lui; elle était au mauvais endroit au mauvais moment… Le processus consiste donc à amener la victime à réfléchir sur l’absence de hasard dans le choix du pervers la concernant : comprendre son implication (involontaire) pour ne plus jamais le reproduire. Sur le plan psychologique, il y a donc une issue favorable pour la victime. Si elle devait considérer cette rencontre comme le seul fruit du hasard, elle se trouverait dans une impasse, son avenir serait obscurci par cette épée de Damoclès risquant de s’abattre de nouveau sur elle.

Nous parvenons progressivement au terme de notre réflexion estivale sur les pervers narcissiques. Nous consacrerons notre prochain article à la victime (en guise d’hommage) à qui l’on pourra conseiller un soutien médical, juridique et affectif lui permettant de se reprendre en main en entamant des démarches personnelles qui se révèleront salutaires.