intelligence émotionnelle

Pervers narcissique : Comment se libérer de son emprise (1)

Nous sommes arrivés au terme de la description des caractéristiques des personnalités en présence :  pervers et victime. Nous allons maintenant pouvoir aborder les moyens que va pouvoir utiliser la victime contre son pervers pour s’affranchir de son emprise. La fin de la partie se rapproche, la victime peut l’emporter! Pour y parvenir, la victime doit prendre conscience de la duperie dont elle a fait l’objet. C’est bien souvent le corps qui va se révéler comme le fait déclencheur de la prise de conscience salutaire : la victime va se sentir de plus en plus mal, oppressée en présence de son bourreau ou par le simple fait de penser à lui. L’analyse de cette situation est le prélude d’une mise à distance progressive, puis à la mise en place de techniques de protection et de contre-attaque (affrontement courageux ou fuite radicale selon).

La prise de conscience salutaire de la victime contre le pervers

Le point de départ de la libération est la prise de conscience par la victime du caractère corrompu du lien qui la relie à son persécuteur. Tout le problème réside dans le fait de sortir de l’engluement à la grâce d’un moment “paranoïaque”, temps de méfiance excessive proche d’un délire de persécution, à la différence près que la persécution est bien réelle… Le danger est perpétuel, mais sous-jacent, il réclame une vigilance permanente, épuisante. Pourtant, vu de l’extérieur, l’asservissement est évident, mais de l’intérieur, lorsque le climat suffoquant s’est installé progressivement, après une période de quasi béatitude, sortir de la torpeur et entrer dans le discernement relève de l’exploit; il faut concevoir l’impasse relationnelle puis le deuil à entreprendre. A ce moment, si l’on est à l’écoute de son corps, on peut ressentir à nouveau le frémissement d’une énorme envie de liberté recouvrée.

Essayons de comprendre comment la victime a pu se faire enfermer dans un tel piège. C’est que lorsqu’un changement négatif s’opère très lentement, il se dérobe à la conscience et ne suscite alors aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte. La situation serait toute autre si elle était confrontée à une situation subitement dangereuse. Elle défendrait alors sans aucun doute, bec et ongles, son identité, sa liberté, sa vie. Le paradoxe est que l’adaptation des victimes est au départ un signe de bonne santé psychologique. Les débuts ayant été idylliques, le pervers n’a qu’insidieusement infiltré le psychisme de sa proie, sans coup d’éclat. L’espoir tenaillé au corps, elle s’est laissée envahir par des déceptions, des frustrations, des humiliations. Mais le seuil critique, au delà duquel le retour à une situation maitrisée est compromise, a été dépassé et l’instinct de survie est réapparu.

Le syndrome de Stockholm : La victime vole au secours de son bourreau !

Ce syndrome précise l’empathie développé par les victimes envers leurs ravisseurs pour se protéger et espérer être épargné. La victime d’un pervers est en danger face à celui qui la convainc de détenir sur elle pouvoir de vie ou de mort. Se croyant alors sans défense, elle s’identifie à lui, développant un attachement paradoxal accru par un système de punitions-récompenses qui alimente le cercle vicieux de l’asservissement. Elle est prête à renoncer à sa propre identité par peur de l’autorité.

Isolée, affaiblie, elle est ralentie dans l’appréciation de sa situation par cette inévitable identification à son bourreau. La famille et les quelques proches qui restent encore fidèles, sont d’un grand secours pour réveiller, progressivement, la malheureuse qui s’obstine à défendre son persécuteur. En tous cas, ils ouvrent une petite brèche qui fera un jour céder le barrage.

Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en détaillant les différentes étapes de la libération : sortir du déni, nommer puis avouer sa souffrance, passer de la prise de conscience à l’action.