divorce

Le processus d’asservissement du pervers narcissique (8)

Poursuivrons notre étude des moyens d’asservissement utilisés par le pervers, en nous intéressant aujourd’hui à d’autres moyens mis en œuvre par le pervers pour asservir sa proie :

Le pervers s’ingénue à susciter des envies pour mieux les frustrer

Le pervers ne se sert pas de son dom de perception des manques de sa victime uniquement dans la phase préliminaire de séduction.  Il va ensuite s’ingénier à mobiliser certains souhaits inconscients qu’il repère facilement, les transformer en une envie certaine (faire monter le désir…) pour ensuite ne surtout pas y répondre afin de générer de la frustration. Toujours la même logique : exciter et asphyxier. Le but de la persécution est de fortement perturber le désir de l’autre, cette pulsion de vie dont il est si douloureusement privé.  C’est pourquoi le quotidien devient infernal à vivre, semé d’embûches manigancées par le pervers. Les pièges peuvent être partout, surgir à n’importe quel moment. Tout fait anodin, exaltant en apparence, peut en fait cacher une bombe à retardement. La victime commence à vivre dans l’angoisse permanente d’être piégée et croit devenir paranoïaque. Le but est bien de la rendre folle… C’est un jeu pervers : allumer et éteindre, passer du feu à la glace.

Le pervers nie les envies exprimées ou les dégoûts connus

La victime met souvent les oublis de son compagnon sur le compte de la maladresse ou de l’étourderie. Mais en réalité, il s’ingénie à oublier dans le quotidien ce qui fait plaisir à l’autre ou à le confronter régulièrement à ce qui le contrarie. La victime a beau le rappeler, la même scène se répète inlassablement. Il oublie tous les détails, souvent futiles, qui font la singularité d’une personne. C’est l’exact contraire de ce qui se passait dans la période de séduction où il semblait y avoir une harmonie si naturelle car les moindres désirs étaient jusqu’à anticipés pour donner l’impression d’une complète symbiose. En fait le pervers utilise toujours cette faculté de perception et d’anticipation, mais dans un but tout autre : torturer psychiquement son souffre-douleur. Oublier est en effet pire que refuser : c’est comme si vous ne laissiez aucune trace. Vous ne comptez pas, ni vue ni entendue, vous n’existez pas !…

Le pervers chosifie sa proie : il la transforme en objet

La victime est utilisée comme un outil au service de la satisfaction tyrannique de son bourreau. Elle essaie en vain de satisfaire le moindre de ses désirs dans le but d’éviter ses remontrances et de mériter ses faveurs. Progressivement, l’asservissement psychique se met en place; la victime s’oublie complètement; elle n’agit plus qu’en fonction de son compagnon, dont elle devient la marionnette. Pour y parvenir, il est vital qu’elle soit dépersonnalisée. Il est insupportable qu’elle puisse avoir une existence propre et indépendante. Elle ne doit plus avoir de désir personnel car le désir angoisse le pervers, distrayant sa proie de son asservissement.

Mais le grand drame du pervers est qu’il est lié à sa victime pas la peur de la perdre. Déprécier l’autre crée un mécanisme qui se renforce automatiquement car traiter sa proie comme un objet prive le pervers de tout retour affectif humanisant. Sans ressentir ni tendresse ni sentiment amoureux, comment avoir envie d’une relation humaine? Le cercle vertueux de la séduction est mis en place pour amadouer la victime, succédant au cercle vicieux et infernal de la frustration. D’où le chaud et le froid permanant, le chaud pour garder sa proie auprès de soi, le froid pour jouir du mal-être qu’il provoque.

Autre tactique du pervers : semer le doute

Le pervers creuse un boulevard de doute, s’ingéniant à provoquer un sentiment angoissant d’insécurité et d’infériorité pour générer la perte des repères et le manque de confiance. Il sait appuyer là où ça fait mal. Il connait mieux que sa proie elle-même ses zones de fragilité. On se met à douter de ses convictions, de ces certitudes, de ses compétences. S’ensuit un grand sentiment de confusion. Exemples : jouer les martyrs en renversant les rôles, minimiser les réussites ou s’en attribuer le mérite, faire du chantage affectif, … sous fonds de doubles contraintes, de bouffées de chaleur d’effroi ou de douches froides, l’emploi d’un ton badin pour traiter de sujets austères ou grave pour des sujets légers, une intonation joyeuse pour annoncer une mort, un air pénétré pour énoncer des futilités. Cerise sur le gâteau : il distille des soupçons dans l’entourage de la victime sur son équilibre psychologique, sur son honnêteté, ses compétences, sa probités, ses atouts, de préférence sur tous les domaines où la victime se sent forte ou en terrain connu et maitrisé.

Nous achèverons bientôt de passer en revue les principales techniques de manipulation du pervers en pointant : la culpabilité, l’utilisation de l’argent, la perversion de l’intimité, la victimisation et l’utilisation des tiers