AU SECOURS, J’AI UN CONJOINT SCHIZOPHRENE !

La schizophrénie peut faire encore peur au grand public qui ne la connaît généralement qu’à travers des œuvres cinématographiques montrant des personnes capables des pires crimes sanguinaires. Pourtant, c’est une maladie psychiatrique sur laquelle les connaissances scientifiques se sont beaucoup développées, ce qui a permis d’en améliorer considérablement la connaissance et la prise en charge. Mais comment faire quand on a un conjoint frappé de cette maladie ? Voyons de quoi il retourne plus précisément : Qu’est-ce que la schizophrénie ? Quels en sont les symptômes ? Comment l’attrape-t-on ? Peut-on vivre avec sans être un danger pour soi ou les autres ?

Qu’est-ce que la schyzophrénie ? Comment se manifeste-telle ?

Parce qu’ils sont frappés d’une incapacité pathologique à mettre en œuvre leurs actions, les schizophrènes sont souvent perçus à tort comme des personnes paresseuses. Et parce qu’ils souffrent d’une forme curieuse de dédoublement de personnalité mêlant morcèlement et confusion des limites qui les séparent des autres, les schizophrènes font peur aux personnes de leur entourage, peu enclin à essayer de les comprendre et à les soutenir alors que c’est pourtant la meilleure attitude à adopter avec eux !… A cet effet, voyons ce qui se passe dans leur tête.

La schizophrénie résulte d’une anomalie mentale dans la cohérence des processus du cerveau qui occasionne un dysfonctionnement du langage, de la perception, des émotions et des actions. Il s’agit d’une psychose affectant sévèrement la relation avec la réalité, aux autres et à eux-mêmes des personnes qui en souffrent, confrontées à leur insu à des expériences particulièrement déstabilisantes comme des hallucinations visuelles ou auditives, se manifestant souvent par des voix qui s’adressent à eux de manière particulièrement agressive. Les sujets qui en sont atteints ont ainsi la désagréable impression de perdre le contrôle d’une partie de leurs pensées et de leurs actions, ce qui les conduit souvent à élaborer une interprétation délirante de la réalité pour lui donner du sens et à agir de façon peu compréhensible par leur entourage, ce qui explique le repli social dont ils sont victimes.

Comment devient-on schizophrène et pourquoi ?

La maladie se déclenche généralement à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte sans qu’on parvienne malheureusement à en déceler les causes exactes. Elle va commencer par des troubles de la perception de soi et des autres donnant lieu à des convictions délirantes que le sujet adopte pour donner un sens à ce qui lui arrive. On peut ainsi se sentir investi d’une mission divine, ou encore persécuté par les autres, ce qui pousse à adopter des comportements incongrus. Lorsque la maladie commence à s’installer, le sujet peut ainsi connaître une modification de son comportement (agitation, fugue, agressivité) et/ou de son langage (apparaissant souvent comme délirant), voire une perturbation du système émotionnel engendrant une tristesse soudaine et inexpliquée ou au contraire une sensation de bien-être intense mais inadapté au contexte vécu. On constate le développement d’un mal être provoqué par la désagréable impression de se sentir progressivement envahi par un ressenti inexplicable, indicible et ingérable provoquant une diminution des facultés intellectuelles (troubles scolaires) et l’adhésion à des croyances bizarres pouvant mettre le patient sous l’influence d’un gourou.

Les facteurs qui prédisposeraient à la maladie sont les suivants : consommation de stupéfiants, tendance à la solitude volontaire, sensation que l’environnement peut avoir une grande influence sur soi ou au contraire d’avoir le pouvoir d’influer sur l’environnement; le fait de subir jeune des événements de la vie provoquant un stress particulier (épreuves plus ou moins traumatisantes, perte d’un parent ou d’un meilleur ami dans des circonstances difficiles, refus de grandir…), retard dans les apprentissages, maladresses, anomalie du développement moteur et/ou intellectuel, atteinte de la structure du cerveau dans certaines fonctions aussi élémentaires que la motricité ou les perceptions…

Nous poursuivrons prochainement sur le sujet en appréhendant la délicate question de la vie avec un conjoint schizophrène.