divorce

Conflit parental et violences conjugales (2)

Après avoir présenté les différents dispositifs mis en place par la loi pour lutter contre les violences conjugales aux termes d’un article récemment publié dans le Blog de Divorce Consulting (ordonnance de protection, téléphone grave danger & mesure d’accompagnement protégé : https://cabinet-cdc.fr/?p=6613&preview=true), intéressons nous précisément aujourd’hui à la situation préoccupante de l’enfant témoin des violences conjugales.

La protection de l’enfant, témoin des violences

Le sujet n’est encore généralement apprécié qu’à travers la notion de conflit parental, qui en matière de violences est bien souvent analysé par les autorités judiciaires comme une situation conjugale conflictuelle dans laquelle le conflit est alimenté par les deux membres du couple, subi par l’un et alimenté par l’autre. L’idée majeure gouvernant les décisions rendues est qu’un homme violent envers sa compagne peut néanmoins être un bon père !!! On ne voit objectivement pas comment le contre-exemple de l’absence totale de respect de l’autre ainsi imposé aux enfants peut être compatible avec la nécessité d’apporter une éducation épanouissante à l’enfant !!! Le fait que la victime, une fois la séparation actée, reste sur la défensive dans le cadre de la procédure et non ouverte au dialogue, rend même son comportement … suspect ! Inutile de préciser qu’une telle analyse a des conséquences dramatiques pour les enfants.

Et pour peu que la victime soit issue d’un milieu socio-professionnel plus favorisé, titulaire d’un CDI se présentant pour une “simple” baffe ou pire encore à cause de “simples” violences psychologiques, très difficiles à établir concrètement, l’accueil qui lui est réservé est absolument lamentable. Voyez plutôt : il lui est généralement conseillé de simplement tourner la page, de trouver un terrain d’entente avec le père, de cesser d’attiser ce conflit parental, la pacification passant par des efforts consentis des “deux côtés”. Au mieux on vous oriente  vers un dispositif très à la mode : la médiation familiale ! Comme vous pouvez le constater, avec cette mentalité et ces procédés, les pervers-narcissiques ont encore de beaux jours devant eux. On voit là tout l’intérêt de se faire accompagner par des structures autrement mieux adaptées comme le Cabinet Divorce Consulting.

Ce parti pris consistant à poser comme préalable que la responsabilité des violences conjugales est partagée au sein du couple revient à faire perdurer une vision archaïque selon laquelle la victime a participé activement à la survenance des coups et n’a fait qu’envenimer la situation en utilisant les outils judiciaires mis à sa disposition pour se protéger elle-même et mettre à l’abris ses enfants. Or, dans la majorité des cas, les coups, menaces ou autres intimidations et humiliations sont perpétrés dans le cadre d’un contexte familial incluant les enfants. Ces derniers sont plus ou moins conscients et témoins de ce qui se passe à leur insu, les plongeant souvent dans un conflit de loyauté dans lequel ils se sentent prisonnier. Le fait que le père ne s’en soit pas pris physiquement aux enfants ne signifie pas qu’il ne leur ait pas infligé de souffrance d’un point de vue psychologique. Il s’agirait donc d’apporter une protection effective à ces enfants en cessant de considérer un acte de violence conjugal comme un événement isolé, sans lien avec la parentalité. Une expertise psychologique de tous les membres de la famille permet souvent d’y voir plus clair et de déjouer la perfidie d’un père manipulateur et tyrannique.